Le partage artistique du mois : vocaliser le désespoir de l’impuissance / Jennifer Holliday et Sabine Sicaud

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Août / Septembre 2020

Ces artistes permettent l’exutoire de la détresse. Cet instant où la douleur est trop forte et où l’on ne pourrait que crier ou se taire pour le mal être absolu.
Complexe nécessité, le dire sans rage, sans se détruire ou détruire l’autre, alors qu’on a tellement mal… : de l’importance de pouvoir être en mesure de déterrer et crier son désespoir ! Crier : victoire même si sans apparences.

Musique : And I Am Telling You I’m Not Going (1982) de Jennifer Yvette Holliday 

Le titre révèle la chanteuse Jennifer Holliday, interprète de Brodway (USA). Elle interprète le rôle de Effie White dans la comédie musicale « Dreamgirls », rôle qui sera repris au 21eme siècle par Jennifer Hudson. Holliday vocalise le désespoir de son personnage, acculée et mise à la porte, trahie par son collaborateur, associé, ami et amant. A cet instant, elle sait que les dés sont jetés, que sa vie vient de s’effondrer mais elle l’exprime : « je reste, tu vas m’aimer »… Avant de partir.

I’m not walking out
Je ne pars pas
Stop all the rivers
Arrête le cours des rivières
Push, strike, and kill
Pousse, frappe et tue
I’m not gonna leave you
Je ne vais pas te quitter
There’s no way I will
Il n’y a pas moyen que je le fasse

Poésie : « Ah ! Laissez-moi crier » de Sabine Sicaud (1913 – 1928)

La poétesse française est âgée de 15 ans quand elle s’éteint de maladie en 1928 dans des conditions difficiles, atteinte d’ostéomyélite (infection osseuse). Sabine Sicaud gagne son premier prix littéraire à l’âge de onze ans (en 1924). En 1925, elle remporte quatre prix, dont le grand prix des Jeux Floraux de France et publie son premier recueil à 13 ans, « Poèmes d’enfant« , préfacés par Anna de Noailles, poétesse de renommée admirative de son oeuvre.
En 1927, elle se blesse au pied. La blessure dégénère en ostéomyélite, sans que l’on identifie précisément le traumatisme responsable. La maladie gagne tout le corps. Un an de souffrances et de fièvres pendant lequel l’adolescente n’arrête pas d’écrire.
Le cri : la vie à tout prix malgré le désespoir et l’impuissance.

Ah! Laissez-moi crier

Ah! Laissez-moi crier, crier, crier …
Crier à m’arracher la gorge !
Crier comme une bête qu’on égorge,
Comme le fer martyrisé dans une forge,
Comme l’arbre mordu par les dents de la scie,
Comme un carreau sous le ciseau du vitrier…
Grincer, hurler, râler ! Peu me soucie
Que les gens s’en effarent. J’ai besoin
De crier jusqu’au bout de ce qu’on peut crier.

Les gens ? Vous ne savez donc pas comme ils sont loin,
Comme ils existent peu, lorsque vous supplicie
Cette douleur qui vous fait seul au monde ?
Avec elle on est seul, seul dans sa geôle.
Répondre ? Non. Je n’attends pas qu’on me réponde.
Je ne sais même pas si j’appelle au secours,
Si même j’ai crié, crié comme une folle,
Comme un damné, toute la nuit et tout le jour.
Cette chose inouïe, atroce, qui vous tue,
Croyez-vous qu’elle soit
Une chose possible à quoi l’on s’habitue ?

Cette douleur, mon Dieu, cette douleur qui tue…
Avec quel art cruel de supplice chinois,
Elle montait, montait, à petits pas sournois,
Et nul ne la voyait monter, pas même toi,
Confiante santé, ma santé méconnue !
C’est vers toi que je crie, ah ! c’est vers toi, vers toi !
Pourquoi, si tu m’entends, n’être pas revenue ?
Pourquoi me laisser tant souffrir, dis-moi pourquoi
Ou si c’est ta revanche et parce qu’autrefois
Jamais, simple santé, je ne pensais à toi.

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Le partage artistique du mois : Apprendre de la vulnérabilité / Daniel Balavoine, Louis Delort et William Butler Yeats

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Avril 2020

Musique : Tous les cris les SOS de Daniel Balavoine (1952 – 1986) et Je suis là de Louis Delort (France)

Deux générations, deux époques différentes, la même vulnérabilité exprimée à soi-même, assumée tout en délicatesse : se perdre, mais aussi se retrouver et exister désormais en sachant pourquoi.

Tous les cris les sos (1985) de Daniel Balavoine

Dans cette chanson devenue un classique de la chanson française, l’artiste témoigne de la souffrance de l’idéaliste. L’espoir comme une bouteille lancée à la mer et fracassée par les rochers. Pourtant ce sont les bouts de verre qui permettent au concerné d’avoir la réponse à ses appels au secours.

Et j’ai ramassé les bouts de verre
J’ai recollé tous les morceaux
Tout était clair comme de l’eau…

Je suis là de Louis Delort (2013)

Un titre unique tout en poésie du jeune auteur-compositeur français né en 1993 et fidèle à son univers propre. « Je suis là » ou comment dans les couloirs de la comédie humaine, il serait possible de rester fidèle à sa muse (capacité de créer) intérieure… Choisir de n’avoir d’autre choix que son essence…

Je vois dans tes yeux mon avenir
Les jours de pluie les jours de joie
Qu’est-ce que je peux faire à part tenir
Alors je suis, je suis là

Poème : He wishes for the Cloths of Heaven de William Butler Yeats (1865 – 1939) (Irlande)

Au soir de sa vie, celui qui fût Prix Nobel de littérature et sénateur, se tient à distance tant de la religion que de la politique pour se consacrer essentiellement à sa poésie : il renoue avec les traditions les plus simples de la poésie de langue anglaise et écrit de nombreuses ballades, dont plusieurs font aujourd’hui partie du patrimoine littéraire… A sa mort, William Butler Yeats demande que soit gravée sur sa tombe une épitaphe qui se termine par ces mots : « …Cavalier, passe ton chemin ! »
Son poème He wishes for the Cloths of Heaven laisse un message primordial : la délicatesse et la valeur du rêve.
Précieux.

He wishes for the Cloths of Heaven

Had I the heavens’ embroidered cloths,
Enwrought with golden and silver light,
The blue and the dim and the dark cloths
Of night and light and the half-light,
I would spread the cloths under your feet:
But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.

Il souhaite des Tissus du Ciel

Aurai-je eu des tissus brodés par les cieux
Forgés avec l’or du soleil et l’argent de la lune
Noirs, obscurs, sombres vêtements
De nuit, de lune, de quart de lune
J’aurais répandu ces vêtements à tes pieds
Mais (tant je suis pauvre) je n’ai que mes rêves
J’ai répandu mes rêves à tes pieds
Marche légèrement : tu marches sur mes rêves

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Le partage artistique du mois : La ressource / Pura Fé, Tina Turner et Rabindranath Tagore

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Avril 2020

Musique : Let heaven show de Pura Fe & I don’t wanna fight de Tina Turner

Elles sont les « mères » de la musique contemporaine actuelle, fortes de leurs convictions et sereines de leurs vécus. Éprouvées, elles se sont réinventées. Sans avoir rien à prouver, elles continuent tranquillement à tisser les ponts au-delà des frontières, et entre les générations, démontrent qu’il peut y avoir une vie sereine après toute crise, aussi particulière soit-elle.

Pura Fé – Let Heaven show (2007)

Pura Fé est une vocaliste indépendante reconnue dans le monde entier pour sa finesse et le sens de son art, compositrice, enseignante et activiste originaire des peuples Tuscarora et Taino initiatrice du groupe traditionnel amérindien Ulali. D’abord formée à l’American Ballet Theatre, ayant connu l’univers de Brodway, elle prend ensuite le chemin du jazz et assume la sensibilité de ses tribus, de leurs codes et leurs histoires dont elle est une passeuse.

Is there any reason to guess what is known in time?
Y a-t-il une raison de deviner ce qui sera su en son temps ?
Is there any reason to say you just know in your heart
Y-a-t-il une raison de te dire ce que tu sais déjà dans ton coeur ?
And let it go and let heaven show
(De te dire) Passes à autre chose et laisse le ciel montrer ce qui se doit…

Tina Turner – I don’t wanna fight (1993)

Tina Turner, artiste internationale a fêté ses 80 ans récemment et continue son chemin. En 1993, le titre « I don’t wanna fight » illustre sa biographie, depuis son enfance dans une famille modeste jusqu’à son succès, sa fuite et son divorce pour échapper aux maltraitances d’un couple toxique. Elle en ressortira encore plus forte.

I don’t care who’s wrong or right
Cela m’est égal qui a tort ou raison
I don’t really want to fight no more (tired of all these games)
Je ne veux vraiment plus me battre (fatiguée de tous ces jeux)
…But baby, don’t you know
Mais bébé, ne sais tu pas
That I don’t want to hurt no more
Que je ne veux plus jamais blesser
This is time for letting go
Il est temps de passer à autre chose

Poème : Citation de Rabindranath Tagore (1861 – 1941)

Rabindranath Tagore compose ses premiers poèmes à l’âge de 8 ans. Compositeur, écrivain, dramaturge, peintre et philosophe indien (Bengale) témoin du changement de siècle de son pays et prix Nobel de littérature en 1913. Tagore se préoccupe dans certaines de ses œuvres de « l’anormale conscience de caste » en Inde et du sort des intouchables, malgré son appartenance à la caste des brahmanes. Voyageur infatigable de son époque, sa poésie est un hymne à la vie et au mouvement de l’être.

Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi.
Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante ; les fleurs s’épanouiront dans mon être.

Tout le printemps des paysages et des rivières monte comme un encens dans mon cœur, et le souffle de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte...

Extrait de L’offrande lyrique

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Le partage artistique du mois : L’espoir / A.R. Rahman et Walt Whitman

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Mars 2020

Musique : Jai Ho de A.R. Rahman (2008)

Les paroles de « Jai Ho » ont été écrites par le poète indien référent Gulzar (né en 1934) et sont une combinaison d’hindi, d’urdu et de punjabi. Des paroles en espagnol sont également incluses dans la chanson et en font un poème sublimé en musique qui transcende les frontières : peut-on survivre à ce que l’on pense être le pire ? Le titre illustra avec succès le film « Slumdog Millionnaire » de Danny Boyle adapté de l’oeuvre de Vikas Swarup, l’histoire d’un orphelin issu des bidonvilles qui refusa la désespérance, une ode à l’étincelle, l’espoir, qui change concrètement bien souvent la donne.

रत्ती रत्ती सच्ची मैंने जान गंवाई है
Lentement, lentement, sûrement j’ai perdu ma vie
नच-नच कोयलों पे रात बिताई है
J’ai passé mes nuits à danser sur du charbon
अंखियों की नींद मैंने फूंकों से उड़ा दी
J’ai chassé le sommeil de mes yeux avec les effluves de ma bouche
गिन गिन तारे मैंने ऊंगली जलाई है
Je me suis brûlé le doigt avec l’étoile bleue…

आजा आजा जींद शामियाने के तले
Viens, viens, sous la tente de la vie décorée
आजा ज़री वाले नीले आसमान के तले
Viens, viens sous le ciel bleu décoré de zari (fils de soie couleur or)
जय हो, जय हो, जय हो, जय हो
Victoire à toi !
Baila, baila,
Danse, danse,
Ahora conmigo, tu baila para hoy
Aujourd’hui avec moi, tu danses pour ce jour…

Poème : Je chante le soi-même (One’s-Self I sing) de Walt Whitman (1819 – 1892)

Walt Whitman est l’un des poètes majeurs de la littérature américaine. Egalement journaliste, éditeur, homme politique et témoin de l’histoire de son pays (guerre de secession). Homosexuel dans la société américaine puritaine du 19eme siècle, le poète, préservera son équilibre sans haine malgré le rejet. Whitman laisse des écrits marqués par un thème qui lui tiendra à cœur toute sa vie, le profond pouvoir rédempteur de l’amour. Son recueil Feuilles vertes est un hymne à l’espérance fut-elle minuscule.

Je chante le soi-même, une simple personne séparée,
Pourtant je prononce le mot Démocratique, le mot En Masse.

C’est la physiologie du haut en bas, que je chante,
La physionomie seule, le cerveau seul, ce n’est pas digne de la Muse ; je dis que l’Ëtre complet en est bien plus digne.
C’est le féminin à l’égal du masculin que je chante.

C’est la Vie, incommensurable en passion, ressort et puissance,
Pleine de joie, mise en oeuvre par des lois divines pour la plus libre action,
C’est l’Homme Moderne que je chante.

Walt Whitman, Feuilles d’herbes (One’s-Self I sing traduction)

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Le partage artistique du mois : Le drame familial et le deuil / James Blunt et Victor Hugo

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Février 2020

Accompagner un proche mourant, survivre au décès d’un membre de sa famille qu’on aime profondément. Dans ce cas, comment surmonter le désir de le rejoindre ? Comment accepter le terrible et faire son deuil ? Se préparer à l’adieu à l’ascendant, c’est ce qu’exprime James Blunt dans la chanson « Monsters ». C’est aussi l’horreur de faire le deuil de son enfant dans le poème « Demain, dès l’aube… » de Victor Hugo… Accepter de vivre encore et transmettre l’amour reçu…

Musique : Monsters de James Blunt (2020)

C’est la déclaration d’amour d’un fils à son père. Blunt est un ancien capitaine de l’armée britannique, qui participa notamment à la mission de paix en ex-Yougoslovie. Depuis, engagé dans le mouvement pour la paix, son titre « no bravery », en 2004, inspiré des horreurs qu’il a vu au Kosovo, est un témoignage. Une paix pour laquelle il est engagé. Auteur-compositeur à succès, la dernière chanson du vétéran est dédiée à son papa gravement malade. Un cri du coeur cru et à vif, dire son âme à un parent aimé malgré la terreur de la séparation qui peut survenir. Rien à prouver, juste partager son amour.

No need to forgive, no need to forget
I know your mistakes and you know mine
And while you’re sleeping, I’ll try to make you proud

Nul besoin de pardonner, nul besoin d’oublier
Je connais tes erreurs et tu connais les miennes
Et pendant que tu dormiras, j’essaierai de te rendre fier

Poème : Demain, dès l’aube… de Victor Hugo (1802 – 1885)

Victor Hugo s’ adresse à sa fille Léopoldine, disparue en 1852, à l’âge de 19 ans. La noyade tragique de la jeune femme et de son époux (excellent nageur, qui préféra se noyer avec elle comme il n’arrivait pas à la sauver) ébranla la famille Hugo et provoqua le désespoir d’un père qui survécut, malgré la peine absolue. Hugo vécut, s’engagea (publia plusieurs oeuvres dont les Misérables en 1862) et honora la mémoire de sa fille jusqu’à sa propre mort, en 1885, à l’âge de 83 ans.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)

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Le partage artistique du mois : Le fossé des générations / Les Beatles, Noah Cyrus et Antoine de Saint-Exupery

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JANVIER 2020

Pour la première de 2020, deux textes forts, deux époques différentes mais un même cri « help me ! » (aide moi) !
Une jeunesse qui ne veut pas être jugée mais comprise pour être mieux conseillée ! Une demande qui finit par nous concerner tous.

Deux chansons pour une même vérité, écho d’une génération qui demande d’aller au-delà des apparences.

Help ! des Beatles (1965)

Un titre bien connu mais tragique, dont les paroles ont été écrites par John Lennon. Ce dernier dans un entretien accordé au journal Rolling Stone en 1970, affirme qu’à cause de son honnêteté, Help! est une de ses chansons préférées même si il aurait aimé l’enregistrer sur un tempo plus lent. Dans une autre interview accordée à une revue américaine, il précise : « Nous fumions de la marijuana au petit-déjeuner. Nous étions vraiment là dedans et personne ne pouvait communiquer avec nous, car nous étions dans notre propre monde, yeux vitreux et ricanant tout le temps. C’était ça, la chanson Help! ».

Help, I need somebody
Help, not just anybody
Help, you know I need someone, help

Help me if you can, I’m feeling down
And I do appreciate you being round
Help me get my feet back on the ground
Won’t you please, please help me

« A l’aide, j’ai besoin de quelqu’un
A l’aide, pas n’importe qui
A l’aide, tu sais que j’ai besoin de quelqu’un, à l’aide…
…Aide-moi si tu peux, je me sens au plus bas
Et j’apprécierai vraiment que tu sois là
Aide-moi à remettre les pieds sur terre
S’il te plaît, aide-moi
. »


Lonely de Noah Cyrus (2019)

L’artiste a révélé souffrir d’anxiété chronique depuis l’âge de 11 ans.
A 19 ans, Noah Cyrus a développé tout un univers autour de son expérience. La chanson « Lonely » est une confession, ce moment clé où au lieu d’imploser, plutôt que de sombrer, on décide de surmonter son désespoir et d’appeler à l’aide. Choix courageux d’exprimer sa fragilité réelle à l’autre.

I’m slowly killing myself
I’m trying so hard at the back of the shelf
It’s just the same every day…
…Oh, can’t someone help me
Oh, please someone help me
I don’t care anyone, anything
‘Cause I’m so sick of being so lonely

« Je me tue à petit feu
J’essaye de faire de mon mieux derrière l’étalage
C’est la même chose tous les jours…
…Oh, quelqu’un ne peut-il pas m’aider
Oh, s’il vous plaît, que quelqu’un m’aide
Peu importe qui, quoi
Parce que je me sens si seule »


Littérature : extrait Le Petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry

Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants.
(Mais peu d’entre elles s’en souviennent.)

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Le partage artistique du mois : La complexité / Kylie Rae Harris et Issa Kobayashi

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OCTOBRE 2019

Rien n’est ne paraît simple. Les artistes évoqués dans ce partage ont exprimé les nuances de la complexité, celle que l’on vit au quotidien, mais par leurs oeuvres, ils permettent le recul pour un peu mieux comprendre, sans raccourci.

Musique : Twenty years from now de Kylie Rae Harris (1989 – 2019)

Jeune chanteuse à succès de musique country, Kylie Rae Harris décède prématurément dans un accident de voiture en 2019 en laissant une fille de 8 ans. Sa mort émeut par son caractère soudain, elle venait de laisser un message sur son instagram où elle confiait toute son émotion de vivre. Son titre « Twenty years from now » (D’ici 20 ans) qu’elle avait dédié à son enfant qui souffrait de son divorce, devient symbolique de la complexité de la relation parents-enfants, du non-dit dans des situations qui peuvent être extrêmes et laisse une porte d’espoir.

« I wonder if you’ll know how hard I’ve tried
You deserve nothing less than happiness…

T
wenty years from now
My prayer is that somehow
You’ll forgive all my mistakes
And be proud of the choice I make »


« Je me demande si tu sauras à quel point j’ai essayé
Tu ne mérites que du bonheur…
D’ici vingt ans,
Ma prière est que d’une façon ou d’une autre
Tu oublies toutes mes erreurs
Et que tu sois fière des choix que j’ai fait »

Poésie :  Haiku de Issa Kobayashi

Un haïku (俳句) est un petit poème, en général de 3 vers aux règles très strictes, extrêmement bref, visant à dire et célébrer l’évanescence des choses. Il est peinture de « l’ici et maintenant », de l’ordinaire saisi avec une extrême simplicité favorisant l’écoute et le dialogue dans un esprit pacifique et bienveillant.  Issa Kobayashi,  plus connu sous son seul prénom de plume Issa, est un poète japonais du xixe siècle, Maître de Haiku et auteur de 20000 poèmes.
La vie serait-elle comme une montagne ? Dans ce cas, prenons nous le temps d’apprécier au présent le chemin parcouru ?

Grimpe en douceur
Petit escargot
Tu es sur le Fuji !

(Le Fuji étant la plus haute montagne du Japon…)

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Le partage artistique du mois : Survivre au suicide d’un aimé / Shinee et Marguerite Yourcenar

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SEPTEMBRE 2019

Musique : 샤이니 ‘네가 남겨둔 말 (Our Page) de SHINee (Corée du Sud)

Après le suicide de Jonghyun, membre du groupe SHINee le 18 décembre 2017 à 27 ans, le choc est rude. Parolier, poète et voix icône de Kpop, il laisse des proches, des millions de jeunes fans et des collaborateurs ravagés et déroutés : comment réagir face au départ brutal d’un être aimé ? Où trouver la force pour continuer une routine ? Comment faire face à l’impuissance et l’incompréhension qui suit le suicide d’un proche ? Les 4 membres restant de SHINee, qui évoluaient avec lui depuis une décennie, sortiront « Our page », un titre intime et symbolique et permettront à une multitude dans le monde de pouvoir, par la musique, communier et essayer de trouver un relatif apaisement pour faire le deuil.

« J’ai envie de dire que tu me manques
Mais ça ne remplira pas mon 
cœur vide ce soir
Je veux remplir les pages de cette histoire inachevée
Jusqu’à la fin.« 

Poésie : « Vous ne saurez jamais  » de Marguerite Yourcenar.

Elle fut la première femme élue membre de l’Académie Française en 1980. Ecrivaine, poétesse, critique littéraire, née à Bruxelles, française, naturalisée américaine, Marguerite Yourcenar (1903-1987) lisaitcouramment le grec ancien et le latin et consacra une grande partie de sa vie à l’étude et à la traduction du Blues originel africain américain. En 1981, elle rédigea l’essai « Mishima ou la Vision du vide« , analyse de la vie et de l’œuvre de l’écrivain japonais Yukio Mishima (1925 – 1970) dont le suicide une dizaine d’années plus tôt l’avait profondément marquée.

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon cœur un doux cœur adopté ;
Et que rien, ni le temps, d’autres amours, ni l’âge,
N’empêcheront jamais que vous ayez été.

Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que ce lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.

Vous ne saurez jamais que j’emporte votre âme
Comme une lampe d’or qui m’éclaire en marchant ;
Qu’un peu de votre voix a passé dans mon chant.

Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme,
M’instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

(Extrait du recueil « Les charités d’Alcippe »)

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Le partage artistique du mois : Avoir expérimenté l’extrême / Queen et Mère Térésa
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AOUT 2019

Musique : « The show must go on » (le show doit continuer) du groupe Queen.

Le chanteur se sait malade et mourant mais prend tout le monde à contrepied avec ce titre, ode à une vie qu’il a passionnément aimée. Il enregistrera finalement le titre en une traite au studio malgré la peine. Dernière chanson publiée du vivant de Freddy Mercury, écrite par Freddy et Brian May : « Nous évoquions des choses dont il était si difficile de parler à ce moment précis, mais dans l’univers de la musique, c’était possible de le faire« . (Extrait interview Queepedia).

« Fairy tales of yesterday will grow but never die…
I have to find the will to carry on » 

Les contes de fée de hier évolueront mais ne mourront jamais…
Je dois trouver la volonté de continuer

Poésie : « La vie » de Mère Térésa de Calcutta.

Mère Térésa aura connu le pire de l’humanité.
Albanaise, née en Macédoine, religieuse catholique mais perçue en Inde comme un avatar de la déesse Kali, humanitaire, elle servira hors des murs dans les bidonvilles d’Inde. Elle assiste les mourants intouchables oubliés et ouvrira un orphelinat après avoir assisté jusqu’à la fin un enfant des rues à moitié dévoré par un chien…

La vie est une chance, saisis-la
La vie est beauté, admire-la
La vie est béatitude, savoure-la
La vie est un rêve, fais-en une réalité
La vie est un défi, fais-lui face
La vie est un devoir, accomplis-le
La vie est un jeu, joue-le
La vie est précieuse, prends-en soin
La vie est amour, jouis-en
La vie est mystère perce-le
La vie est promesse, remplis-la
La vie est tristesse, surmonte-la
La vie est hymne, chante-le
La vie est combat, accepte-le
La vie est une tragédie, prends-la à bras le corps
La vie est une aventure, ose-la
La vie est bonheur, mérite-le

La vie est la vie, défends-la.

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