Le partage artistique du mois : L’addiction et la sortie de la dépression / Rihanna et Edgar Guest

Chaque mois, une vidéo musicale et un poème à partager
Février 2021

Prendre sa dose et s’abandonner… Gaz hilarant, cannabis, poudre blanche ou pillules, alcool, nicotine, jeux d’argent, sexuels ou sentiments extrêmes… Un seul but : échapper à sa réalité. Celle qu’on ne veut plus voir. Quand on ne peut pas ou plus expliquer, vouloir juste tout oublier et fuir très loin. Quel qu’en soit le coût. Ne rien maîtriser tout autour mais penser au moins gérer son corps (physique et mental)… A tort.
« L’accro » est un touriste ignorant en danger de mort
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Musique : « We found love » de Rihanna (2012)

Et si la drogue était envisagée comme un un amant toxique ?
Dans cette chanson à double lecture, la chanteuse barbadienne multiprimée Rihanna évoque l’addiction et la dépendance mais aussi le processus insinueux qui vous exclut de tout le reste : une relation exclusive toxique (amour et douleur) où l’on se perd. La douceur d’un début, puis les montées d’adrénaline et l’euphorie, avant des retours à la réalité de plus en plus brutaux… Ici la dépendance est décrite comme une passion qui devient absolue. Destructrice, elle nécessitera une résolution implacable : celle de renoncer au focus sur un plaisir qui abuse le corps et le cœur pour envisager une vision globale de sa propre vie.

Feel the heartbeat in my mind
…Sentir le battement de cœur jusque dans ma tête
It’s the way I’m feeling I just can’t deny
C’est la façon dont je me sens, je ne peux pas le nier
But I’ve gotta let it go
Mais je dois passer à autre chose
We found love in a hopeless place
Nous avons trouvé l’amour dans un endroit sans l’espoir

Poésie : « On quitting » de Edgar Albert Guest (1881 – 1959)

Edgar Albert Guest est un prolifique poète américain d’origine anglaise, (près de 11000 poèmes), journaliste, qui par ses écrits poétiques accessibles, devint populaire aux Etats-Unis (shows radios et télévisés). Dans « On quitting », Guest souligne un angle inédit de l’addiction : au delà d’une dépendance malsaine, il y a l’attachement pour une expérience et des habitudes de vie, même si elles doivent être délaissées, à prendre en compte. Un combat terrible pour unifier l’esprit (résolution de quitter) et le corps (à reprogrammer), tout en évitant le retour au vide qui avait motivé la fuite. Une lutte à respecter par l’entourage qui ne devrait pas juger mais aider.

On quitting

How much grit do you think you’ve got?
Can you quit a thing that you like a lot?
You may talk of pluck; it’s an easy word,
And where’er you go it is often heard;
But can you tell to a jot or guess
Just how much courage you now possess?

You may stand to trouble and keep your grin,
But have you tackled self-discipline?
Have you ever issued commands to you
To quit the things that you like to do,
And then, when tempted and sorely swayed,
Those rigid orders have you obeyed?

Don’t boast of your grit till you’ve tried it out,
Nor prate to men of your courage stout,
For it’s easy enough to retain a grin
In the face of a fight there’s a chance to win,
But the sort of grit that is good to own
Is the stuff you need when you’re all alone.

How much grit do you think you’ve got?
Can you turn from joys that you like a lot?
Have you ever tested yourself to know
How far with yourself your will can go?
If you want to know if you have grit,
Just pick out a joy that you like, and quit.

It’s bully sport and it’s open fight;
It will keep you busy both day and night;
For the toughest kind of a game you’ll find
Is to make your body obey your mind.
And you never will know what is meant by grit
Unless there’s something you’ve tried to quit.

Traduction de On quitting (Sur le fait de délaisser) en français

Quelle est la quantité de cran que vous pensez avoir ?
Pouvez-vous abandonner une chose que vous aimez beaucoup ?
Vous pouvez parler de courage, c’est un mot facile,
Et où que vous alliez, on l’entend souvent ;
Mais pouvez-vous dire ou deviner
Quel est l’état de votre courage actuel ?

Vous pouvez vous mettre en difficulté et garder le sourire,
Mais avez-vous abordé l’autodiscipline ?
Avez-vous déjà donné des ordres
Pour arrêter les choses que vous aimez faire,
Et puis, lorsqu’elles sont tentées et qu’on se laisse aller,
Avez-vous obéi à ces ordres rigides ?

Ne vous vantez pas de votre cran tant que vous n’avez pas essayé,
Ne prêchez pas non plus aux hommes sur votre courage,
Car il est assez facile de garder le sourire
Face à un combat où il y a une chance de gagner,
Mais le genre de cran qu’il est bon de posséder,
Est celui dont vous avez besoin quand vous êtes tout seul.

Quel cran pensez-vous avoir ?
Pouvez-vous vous détourner des joies que vous aimez tant ?
Vous êtes-vous déjà testé pour savoir
Jusqu’où votre volonté peut aller ?
Si vous voulez savoir si vous avez du cran,
Choisissez en une parmi les joies qui vous enchantent et délaissez-la.

C’est un exercice de brutes et c’est un combat ouvert ;
Qui vous tient occupé jour et nuit ;
Car le jeu le plus difficile que vous trouverez;
est de faire en sorte que votre corps obéisse à votre esprit.
Et vous ne saurez jamais ce qu’on entend par cran
A moins d’avoir essayé d’arrêter quelque chose.

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A chaque fois, une vidéo musicale et un poème
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