Prévention du suicide : L’état d’urgence mondial depuis 2014 et la crise du Covid19

Il est peut-être temps d’user de bienveillance avec vos proches, quels qu’ils soient, face à la détresse parfois muette relative à la situation particulière liée au Covid19.
Vous vous sentez à bout ? Vous n’êtes pas le seul…

Cet article est un humble appel.

En ces temps particuliers, il est vital de savoir que l’état d’urgence mondial pour la prévention du suicide avait été décrété depuis 2014 par l’Organisation Mondiale de la Santé avec un rapport (malheureusement toujours d’actualité) et un appel en urgence à tous les pays et tous les secteurs.

Aujourd’hui, avec la pandémie du Covid19, face à la versatilité des nouvelles, l’omniprésence des décomptes des décès, la violence de certaines situations de confinement et le changement brutal de paradigmes, la pression peut être forte pour tous.

La santé inclut un bien être physique et mental.

La plupart des relais d’écoute bénévoles en cas de crise ou de situations de stress intense reste accessible même en temps de confinement.
– Des Liens utiles sur le site de l’Union Nationale pour la Prévention du Suicide France
– Des Liens utiles pour les relais dans le monde entier (Anglais) sur le site de l’International Association for Suicide Prevention.

Gérer le trop de stress

Télécharger l’excellente fiche Stress, anxiété et déprime associés à la maladie à coronavirus COVID-19 du gouvernement du Québec.

Extrait rapport
Le suicide est un problème qui touche le monde entier et presque toutes les tranches d’âge. Au niveau mondial, les taux de suicide sont supérieurs chez les personnes âgées de 70 ans ou plus. Mais dans certains pays, c’est chez les jeunes qu’ils sont le plus élevés. Fait notable, le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans dans le monde.

Communiqué (lien Communiqué – Premier rapport de l’OMS sur la prévention du suicide 2014 sur le site de l’OMS).

Les personnes dans la détresse psychologique, bien souvent, ne l’affichent pas. Communiquer, prendre des nouvelles, un premier pas pour la prévention du suicide : tous acteurs dans le quotidien et sans préjugés !

Le lancement du site « Ut Fortis » en questions

Interview de Christina Goh, initiatrice de « Ut Fortis ».

La vocaliste, essayiste et poétesse explique la genèse du projet, oeuvre collaborative et intersectorielle pour la prévention du suicide en utilisant l’expressivité de l’intériorité par le biais de l’art, plus particulièrement la poésie (vers libres) et la musique (interprétation, improvisation).

Pourquoi ce site et pourquoi avoir choisi ce titre en latin ?

« UT FORTIS » est un site qui propose tout ce dont j’aurais aimé disposé pendant ces périodes de ma vie où il me semblait que tout s’écroulait de part en part.
Quand tu es jeune, on te répète que tu as la jeunesse, que le meilleur est devant toi… On occulte la violence des incertitudes, le feu intérieur qui te dévore, les troubles liés au développement pubertaire. L’entre deux mondes de l’adolescence est terrible : entre les rives de l’enfance et les vagues en furie du monde adulte… Et tout cela sans prendre en compte la petite enfance, le contexte familial, la situation, l’histoire et la culture du pays où l’on vit… Ensuite, propulsé « adulte » ou « senior », on est censé « savoir ». Savoir quoi ?
La bravoure (« Ut Fortis » – tellement brave), c’est d’essayer de se connaître soi-même et de comprendre l’autre . « Ut fortis », en latin, renvoie à la force, au courage mais aussi à la notion d’accomplissement. Un projet dense virtuel (internet) mais aussi ancré dans le réel. (A propos).

La santé mentale… Comment peut-on savoir si on a une bonne santé mentale ? Existe-t-il des tests fiables ?

Permettez moi de reposer la question : comment sait-on qu’on est en bonne santé ? Existe-t-il des tests fiables ?
Pour l’OMS, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. Des professionnels de santé existent, avec différentes spécialités pour nous aider à aller mieux si nous ressentons un malaise persistant (généraliste, dentiste, radiologue, psychologue, psychiatre…) Pourquoi le mental ferait-il exception ? Allons au-delà des clichés : vous savez ce qui vous ballonne et vous donne des gaz, savez vous ce qui vous stresse mentalement et pourquoi ? C’est la base, une hygiène de vie. Eviter que votre malaise dévore votre monde intérieur puis extérieur.

La consultation d’un professionnel est-elle obligatoire ?

Le site « Ut Fortis » est un relais culturel intersectoriel et nous permet d’envisager de manière plus globale notre notion de santé.
Evidemment que si on se sent mal, consulter un professionnel est fortement recommandé. Si il y a une urgence, zappez ce que vous faites et appelez les services !

Comment décomplexer un sujet qui semble aussi intime ?

L’art est un formidable pont. Quand Meiway en Côte d’Ivoire, dans les années 90 signe un titre musicalement très élaboré, à double sens, qui s’intitule « Ma folie », il décomplexifie à l’époque un immense tabou, celui des « fous errants » à Abidjan et permet à tout un pays de les considérer comme des êtres humains. Quand, en 2018, le groupe de K-Pop Shinee chante « Our Page » en Corée du Sud après le décès par suicide de Jonghyun, c’est un relatif apaisement qu’ils offrent à des millions : comment réagir après le suicide d’un proche qu’on aimait et comment affronter son sentiment d’impuissance ?
De la poétesse Hypathie et ses lectures publiques d’ouvrages scientifiques jusqu’à Balzac et l’intériorité révélée de sa Comédie Humaine, en passant par la connaissance anatomique des grands peintres Italiens de la Renaissance, l’art est un pont de soi vers son humanité.

Le suicide est un sujet difficile auquel on n’aime pas penser… Vous n’avez pas peur que cette thématique vous soit associée ?

Je sais ce qu’est le suicide d’un proche. J’ai eu des tendances suicidaires quand j’étais jeune adulte. Je connais un peu ce long et pernicieux processus. J’ai choisi de vivre. La vie vaut la peine d’être vécue.
Le passage à l’acte peut prendre plusieurs formes, pas seulement celles auxquelles on pense au premier abord. Communiquer, échanger… La prévention du suicide vaut le coup.

(Propos recueillis par ZoraxX)


UT FORTIS – Le contexte

Toutes les 40 secondes, une personne se suicide dans le monde et bien plus tentent de mettre fin à leurs jours. Aucune région ni aucune tranche d’âge n’est épargnée. Le suicide touche toutefois particulièrement les jeunes de 15 à 29 ans, chez qui il constitue la deuxième cause de mortalité à l’échelle mondiale. (Source statistiques rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé 2017). Autant de morts, autant de familles et de proches impactés.

C’est bien une situation d’urgence mondiale et aucune région du monde n’est épargnée.

Si vous êtes dans une phase de dépression ou de crise, ou s’il vous arrive trop souvent de penser à mettre fin à vos jours, ne vous isolez pas. Des structures existent et peuvent vous aider. (Liste mondiale des cellules de crise).

UT FORTIS et Christina Goh, un projet de longue haleine

Ce n’est pas la première fois que Christina Goh s’engage.

L’artiste avait déjà abordé les thèmes de la dissociation, inspirée par la définition de Janet, dans le titre « Invisible » en 1999 (édité en 2014 par le label international Plaza Mayor Company Ltd. ) et évoqué le problème du surendettement pouvant mener à l’isolement et au suicide dans « Faillite » (écrit en 2011, édité en 2012, réalisé en court-métrage audiovisuel sur le site du Musée des Beaux Arts de Tours en 2013). La question du deuil après la mort brutale et traumatisante d’un proche étant posée dans le titre « Sans temps » de 2016.

De 2011 à 2016, Goh a pu initier une série de concerts bénévoles en profitant des fêtes de la musique pour des moments « Musique et mieux être » en centre pour adultes handicapés, en hôpitaux et en EHPAD. Suivront sur la même thématique (Musique et mieux être), des masterclass et ateliers sur le chant et l’expressivité poétique pour les adolescents (milieux scolaire (écoles internationales et associations de quartiers), pour les bénévoles d’association et les entrepreneurs). La vocaliste étant marraine de la nuit de l’accessibilité (2016) de l’association Madinina Access (conseils pour une meilleure intégration des handicapés) en Martinique.

En 2018, elle initie le concours international de poésie « La Différence » pour une meilleure expressivité par le biais poétique sur la notion de différence.