Le partage artistique du mois : faire face à la peur de l’avenir / Peter Gabriel et Birago Diop

Chaque mois, une vidéo musicale et un poème à partager
Octobre / Novembre 2020

La peur de l’avenir et l’incertitude d’une voie qu’on ne maîtrise plus. Les artistes présentés dans cet article décrivent des individus qui ont l’impression d’évoluer dans des sables mouvants et de s’enliser quoi qu’ils fassent. Peter Gabriel et Birago Diop dans leurs écrits artistiques ont leurs solutions : l’aide de ceux qui vivent la situation autrement, le temps que la crise passe. Etre vivant au présent compte.

Musique : « Don’t give up » de Peter Gabriel en duo avec Kate Bush (1986)

Le titre « Don’t Give Up » (N’abandonne pas), est un duo qui relate le dialogue entre un chômeur désespéré et sa femme. Peter Gabriel, artiste anglais, s’inspira des photographies d’Américains victimes de la Grande Dépression dans les années 30 prises par la photographe Dorothea Lange. Le titre est une plongée dans l’intimité psychique profonde de celui dont la vie bascule, qui croit avoir déjà tant perdu et ressent une peur absolue pour l’avenir. La consolation de Kate Bush est remplie de tendresse mais sans appel : la situation est ce qu’elle est mais c’est à toi de ne pas renoncer, tu n’es pas le seul.

I am a man whose dreams have all deserted…
Je suis un homme dont les rêves ont tous déserté…

Don’t give up
N’abandonne pas
You still have us
Nous sommes toujours là

Poésie : « A quoi tient l’amour ? » de Birago Diop (1906 – 1989)

Vétérinaire de brousse (au Soudan, en Côte d’Ivoire, en Haute-Volta (Burkina Faso aujourd’hui), en Mauritanie), Birago Diop fût aussi un poète qui a laissé une empreinte indélébile dans la littérature francophone en traduisant les contes traditionnels de son continent.
Dans son poème « A quoi tient l’amour ? », Diop nous renvoie à une vie qui semble soudain embrouillée. Mais quand les espoirs s’écroulent, une question peut mettre en évidence la réalité d’un présent que l’on devrait commencer par aborder simplement pour en trouver le fil.

A quoi tient l’amour ?

Aux mots, à leur accent, aux choses,
Aux mille questions que l’on pose.
Au lourd silence inopportun,
Aux rêves qui fuient un à un ;

Aux sanglots réduits au silence,
Au lourd silence fait de souffrance,
Aux souffrances faites d’aveux
Qu’on ne dit plus dès qu’on est deux ;

A l’aspect des lieux que l’on hante,
Aux mots qu’on ne dit pas, aux mots
Qu’on a dits peut-être trop tôt,

Aux nerfs sensibles d’une amante
Et à l’énervance de l’air
Un soir trop parfumé, trop clair.

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