Février 2020 : Le partage artistique du mois

Chaque mois, une vidéo musicale et un poème à partager

Février 2020

Survivre au décès d’un proche, membre de sa famille qu’on aime profondément. Comment surmonter le désir de le rejoindre ? Comment accepter le terrible et faire son deuil ? Se préparer à l’adieu à l’ascendant, c’est ce qu’exprime James Blunt dans la chanson « Monsters ». C’est aussi l’horreur de faire le deuil de son enfant dans le poème « Demain, dès l’aube… » de Victor Hugo… Accepter de vivre encore et transmettre l’amour reçu…

Musique : Monsters de James Blunt (2020)

C’est la déclaration d’amour d’un fils à son père. Blunt est un ancien capitaine de l’armée britannique, qui participa notamment à la mission de paix en ex-Yougoslovie. Depuis, engagé dans le mouvement pour la paix, son titre « no bravery », en 2004, inspiré des horreurs qu’il a vu au Kosovo, est un témoignage. Une paix pour laquelle il est engagé. Auteur-compositeur à succès, la dernière chanson de James Blunt est dédié à son papa gravement malade. Un cri du coeur cru et à vif, dire son âme à un parent aimé malgré la terreur de la séparation qui peut survenir. Rien à prouver, juste partager son amour.

No need to forgive, no need to forget
I know your mistakes and you know mine
And while you’re sleeping, I’ll try to make you proud

Nul besoin de pardonner, nul besoin d’oublier
Je connais tes erreurs et tu connais les miennes
Et pendant que tu dormiras, j’essaierai de te rendre fier

Poème : Demain, dès l’aube… de Victor Hugo (1802 – 1885)

Victor Hugo s’ adresse à sa fille Léopoldine, disparue en 1852, à l’âge de 19 ans. La noyade tragique de la jeune femme et de son époux (excellent nageur, qui préféra se noyer avec elle comme il n’arrivait pas à la sauver) ébranla la famille Hugo et provoqua le désespoir d’un père qui survécut, malgré la peine absolue. Hugo vécut, s’engagea (publia plusieurs oeuvres dont les Misérables en 1862) et honora la mémoire de sa fille jusqu’à sa propre mort, en 1885, à l’âge de 83 ans.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)

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