Le partage artistique du mois : Exprimer la vulnérabilité / Daniel Balavoine, Louis Delort et William Butler Yeats

Chaque mois, une vidéo musicale et un poème à partager
Avril 2020

Musique : Tous les cris les SOS de Daniel Balavoine (1952 – 1986) et Je suis là de Louis Delort (France)

Deux générations, deux époques différentes, la même vulnérabilité exprimée à soi-même tout en délicatesse : se perdre mais aussi se retrouver et exister en sachant pourquoi.

Tous les cris les sos (1985) de Daniel Balavoine

Dans cette chanson devenue un classique de la chanson française, l’artiste témoigne de la souffrance de l’idéaliste. L’espoir comme une bouteille lancée à la mer et fracassée par les rochers. Pourtant ce sont les bouts de verre qui permettent au concerné d’avoir la réponse à ses appels au secours.

Et j’ai ramassé les bouts de verre
J’ai recollé tous les morceaux
Tout était clair comme de l’eau…

Je suis là de Louis Delort (2013)

Un titre unique tout en poésie du jeune auteur-compositeur français né en 1993 et fidèle à son univers propre. « Je suis là » ou comment dans les couloirs de la comédie humaine, il serait possible de rester fidèle à sa muse (capacité de créer) intérieure… Choisir de n’avoir d’autre choix que son essence…

Je vois dans tes yeux mon avenir
Les jours de pluie les jours de joie
Qu’est-ce que je peux faire à part tenir
Alors je suis, je suis là

Poème : He wishes for the Cloths of Heaven de William Butler Yeats (1865 – 1939) (Irlande)

Au soir de sa vie, celui qui fût Prix Nobel de littérature et sénateur, se tient à distance tant de la religion que de la politique pour se consacrer essentiellement à sa poésie : il renoue avec les traditions les plus simples de la poésie de langue anglaise et écrit de nombreuses ballades, dont plusieurs font aujourd’hui partie du patrimoine littéraire… A sa mort, William Butler Yeats demande que soit gravée sur sa tombe une épitaphe qui se termine par ces mots : « …Cavalier, passe ton chemin ! »
Son poème He wishes for the Cloths of Heaven laisse un message primordial : la délicatesse et la valeur du rêve.

He wishes for the Cloths of Heaven

Had I the heavens’ embroidered cloths,
Enwrought with golden and silver light,
The blue and the dim and the dark cloths
Of night and light and the half-light,
I would spread the cloths under your feet:
But I, being poor, have only my dreams;
I have spread my dreams under your feet;
Tread softly because you tread on my dreams.

Il souhaite des Tissus du Ciel

Aurai-je eu des tissus brodés par les cieux
Forgés avec l’or du soleil et l’argent de la lune
Noirs, obscurs, sombres vêtements
De nuit, de lune, de quart de lune
J’aurais répandu ces vêtements à tes pieds
Mais (tant je suis pauvre) je n’ai que mes rêves
J’ai répandu mes rêves à tes pieds
Marche légèrement : tu marches sur mes rêves

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A chaque fois, une vidéo musicale et un poème.

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