Le partage artistique du mois : Se relever de la désillusion / Taemin et Nicole Cage

Chaque mois, une vidéo musicale et un poème à partager
Novembre 2020 / Partenariat Ut Fortis – La Différence

Se perdre… Et après ?
Désarroi, tristesse infinie, rage parfois, mais comment se relever de la profonde et cachée désillusion ? Quand la nuit tombe sur les rêves intimes et qu’il faut difficilement retrouver un chemin vers la sérénité joyeuse ? Taemin et Nicole Cage illustrent cette étape délicate par l’action : aller chercher en soi une idée pour se renouveler…

Musique : IDEA de Taemin (2020)

A  sa sortie, en novembre 2020, le hit de l’artiste coréen pulvérise les charts sur les sites affectionnés par la nouvelle génération. Et pourtant, c’est de la philosophie platonicienne !
« Le titre « IDEA » a été inspiré par l’allégorie de la caverne de Platon… Au lieu d’être « piégé dans une grotte » et de vivre dans l’ombre de la vérité, je veux me libérer de l’obscurité et m’embarquer dans un voyage d’illumination où je découvre un nouvel ego, une identité et un sens ».
(Interview de Taemin extraite du magazine Hypebae de novembre 2020).
La vidéo symbolique qui joue sur le contraste des couleurs illustre la métamorphose et la venue de cette idée lumineuse qui surgit et sauve tel un messie, l’individu d’une situation infernale, qui l’engouffrait toujours plus loin dans le feu de la détresse. Combat intérieur (danse) pour pouvoir sortir à la lumière de soi-même.

깊은 곳에 핀 꿈이여
Le rêve qui a fleuri
밤을 안은 채로
Au cœur des illusions de la nuit
짙어지는 Shadow
n’est rien d’autre qu’une ombre…

내 속에 너를 도려낸 밤
La nuit qui a déchiré nos cœurs
(Killing me softly, killing me softly)
(Me tuant à petit feu, me tuant à petit feu)
끝내 새로운 눈을 뜬 나J’ai enfin ouvert les yeux 

Poésie : « Je ne suis pas poète » de Nicole Cage

La poétesse caribéenne multiprimée en poésie, également membre du Jury du concours international la Différence, écrit ce texte surprenant dans la première décennie 2000 « Je ne suis pas poète » et analyse le feu de l’incertitude et du désarroi quand on se perd, à la recherche de ce que l’on croit savoir de soi. Le poème s’inspire de sa propre histoire, une écrivaine plébiscitée dans le monde entier, restée attachée à son île natale et qui mettra du temps à faire de son hypersensibilité et de la solitude qu’elle peut parfois provoquer, sa richesse et sa lumière.

L’on me dit poète
Je ne sais je ne sais
Je tente seulement d’écouter le vent
Et de percer dans son murmure
Le secret de ma vie
Je ne sais je ne sais
J’essaie simplement de résister à l’appel
De la travailleuse de l’ombre
Non je ne suis pas poète
Je ne sais qu’écouter
Les pulsations de la terre
Tâchant d’y découvrir la voie de ma légende intime
Égarée en cette vie
Je parcours la forêt des mots
Dans l’espoir d’y trouver
Le sens de l’absurde
Mais je me perds encore
encore
encore
Confondant un mot et une feuille
Une virgule et une fleur
Une strophe et un arbre
Et je m’égare encore
Dormant parmi les ronces
Appelant la lumière
Escomptant l’éveil du soleil
Signal du retour à la vie
En mes veines en mon cœur
Les tessons d’une bouteille brisée
A moins que ce ne soient les ronces acérées
D’une étrange forêt
M’ont lacéré la peau
M’ont violenté les pieds
Stigmates d’un voyage aux confins des ténèbres
Dont je veux ressurgir
Vierge
Inatteinte
Mais ne sachant tout de même pas ce que c’est qu’un poète
Et sachant encore moins
Si je ne le suis qu’un peu
J’en sais seulement davantage
Sur mes faiblesses et ma lumière
Et sur ma soif de vivre
Jusque et par-delà l’ultime pulsation de mon cœur

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A chaque fois, une vidéo musicale et un poème
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