Le partage artistique du mois : Dissiper la confusion / The Cranberries et Charles Baudelaire

Chaque mois, une vidéo musicale et un poème à partager
Mars 2021

Quand tout n’est plus très clair ; quand on ne sait plus par quel bout prendre la situation, complètement nouée. Le nœud peut se ressentir aussi dans le corps. Malaises latents. La confusion est une méprise, l’action de confondre, de prendre quelque chose ou quelqu’un, pour quelque chose, quelqu’un d’autre et nous mène parfois sur des chemins où l’on se perd. Dans ces moments embrouillés, les deux artistes de cette sélection ont trouvé des repères pour, dans un premier temps, retrouver une direction qui permettrait de comprendre sa situation ; pouvoir ensuite sortir de l’état de confusion. Démêler le nœud.

Musique : « Ode to my family » de The Cranberries (1994)

La chanteuse et auteure-compositrice irlandaise Dolores O’Riordan (1971 – 2018) écrit cette chanson en plein succès du groupe auquel elle appartient, The Cranberries. Premier groupe dirigé par une femme à prendre la première place du « Hottest 100 ». Adulé, The Cranberries est au sommet de tous les charts mondiaux mais le repère en 1994 de O’Riordan pourrait surprendre. Dans ce titre très personnel, l’autrice souligne l’amour de ses parents et de ses origines modestes : un père ouvrier agricole, puis en fauteuil roulant suite à un accident de moto et une mère, cuisinière de cantine scolaire. Une famille de neuf enfants, dont deux décèdent en bas-âge, dans une maison deux pièces, une maison intégralement brulée puis des abus sexuel que connaît la fillette durant quatre ans par une connaissance de la famille. Dolores ne retient que l’affection sincère parentale véritable de ces années terribles. Son repère. Pour éviter de se perdre, clarifier ce que l’on choisit de garder de soi.

Understand what I’ve become
Comprendre ce que je suis devenu
It wasn’t my design
Ce n’était pas ma conception

My mother, my mother
…Ma mère, ma mère
She’d hold me
Elle me prenait dans ses bras
She’d hold me when I was out there
Elle me prenait dans ses bras quand j’étais là-bas
My father, my father
Mon père, mon père
He liked me, well he liked me
Il m’aimait bien, il m’aimait bien
Does anyone care?
Quelqu’un s’en soucie ?

Poésie : « Correspondances » de Charles Baudelaire (1821 – 1867)

Dandy, critique et poète incompris, Charles Baudelaire aura fort à faire avec une réputation sulfureuse, ragots diligentés ou colportés, qui feront mettre en doute son talent et ses conceptions. En 1845, infantilisé, ruiné, l’auteur essaie de se suicider avec un poignard mais il survivra. Plus de dix ans plus tard, en 1857, il publiera Les Fleurs du Mal, œuvre d’une vie, recueil poétique absolu transmis aux générations jusqu’à aujourd’hui.
Dans le poème « Correspondances », Baudelaire, nous permet de comprendre autrement la nature qui nous entoure ; par le biais de « correspondances », trouver les repères symboliques qui permettraient de choisir en toute conscience le parfum qu’on souhaite voir sa vie répandre.

Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers
.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

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